Le miroir noir

Le miroir noir

De nos jours, nous sommes d’autant plus consternés par nos gadgets numériques, pouvant scruter l’écran de nos téléphones cellulaires et de nos tablettes informatiques des centaines de fois dans une journée. Et que dire des réseaux sociaux, qui affichent dans la plupart des cas, des images fautives de la réalité, — elles illustrent plutôt une pseudo réalité construite de toutes pièces pour attirer les regards d’autrui. Nous, en tant que spectateurs, nous devons devenir plus conscients de toute cette manipulation de l’égo. On se fait parfois enjôler dans le récit plein de rebondissements, partageons l’angoisse du personnage principal, enfin, nous nous laissons contaminer par l’histoire, même si nous sommes assis confortablement en face de l’écran loin de tout le drame. Comme l’inconscient ne fait pas la différence entre un évènement vécu et un imaginé, nous laissons le stress véhiculé par les feuilletons des autres nous pénétrer et générer une énergie plus dense en soi.

Les nouvelles générations sont hypnotisées par les écrans qui leur projettent des faussetés. Les gens attendent impatiemment une réponse positive (un j’aime, un emoji) à leurs messages électroniques. Ils se comparent aux autres par le nombre de personnes dans leur audience sur les réseaux sociaux, — plus ils ont de soi-disant amis, plus ils sont considérés populaires et importants par leurs pairs. Ceci semble apporter une valorisation externe. C’est ce que j’appelle l’effet du miroir noir, car toutes les projections envoyées les uns aux autres sont fausses. C’est comme si les gens portaient des verres optiques brouillant leur vision de la réalité, les propulsant dans une réalité illusoire, les coupant de leur vrai potentiel ainsi que de leur valeur individuelle.

Dans le jeu de la vie, nous évoluons quand nous pouvons déceler ce que l’autre nous reflète à propos de nous-mêmes. Cette prise de conscience du reflet nous aide à mieux nous connaître. Qu’est-ce qui nous dérange chez l’autre est un bon indicateur que nous portons, nous aussi, ce qui nous contrarie de cette personne. Toutefois, le miroir ne réfléchit pas comme auparavant. Il est recouvert d’une pellicule sombre pour se protéger des regards extérieurs. Nous ne pouvons plus nous fier à ce qui nous est projeté. La seule façon de déceler les pièges est d’aiguiser notre faculté du discernement. Ce sera de percer au-delà des apparences pour constater ce qui se trouve derrière. Le discernement permet d’aller plus loin que notre perception visuelle, c’est en sorte une capacité à capter la vérité en chacun. Avant même d’éveiller ce don, il importe de pratiquer la vérité soi-même. Il est temps de s’afficher de façon authentique, d’oser retirer le masque et montrer notre vrai visage. Sachez que ces masques sont des compensations à nos blessures ainsi qu’à notre conditionnement familial et social. Toutefois, notre valeur ne se mesure pas à ce que nous possédons, — que ce soit au niveau matériel ou éducatif (le nombre de diplômes). Cessez de vous identifier à des choses extérieures à vous-mêmes.

Plus vous allez placer votre attention au niveau du cœur, plus les masques se désintègreront. La personne humaine a peur de la souffrance, et quand elle pense être dans une situation perçue comme étant menaçante, elle se protège en portant l’un de ses masques. Nous n’avons pas besoin du regard des autres pour nous valoriser. Au contraire, ce besoin d’être quelqu’un aux yeux du public, nous empêche de réaliser notre mission. Certes, derrière le masque, se trouve un individu vulnérable, mais extraordinaire, et qui a tout simplement envie de vivre SA vie. Retirez le voile qui modifie votre vision, accueillez la différence, constatez la beauté dans l’imperfection.

Pour contrecarrer la peur du rejet, cessez de vous rejeter et aimez-vous de façon inconditionnelle. Aspirez à devenir la meilleure version de vous-mêmes en revenant à votre point d’origine.

Le point d’origine est cette partie vraie en vous, le désir de votre âme, votre pouvoir créateur.