Bien vivre dans son corps

Bien vivre dans son corps

Que signifie bien vivre dans son corps? Les difficultés de la vie et toutes les souffrances qui ont marqué notre histoire se sont en quelque sorte inscrites dans notre corps. Elles apparaissent sous forme de tensions, dont certaines sont inconscientes. Ces tensions, tels les maux de dos, d’épaules, de cou, nous empêchent d’être complètement présents à nous-mêmes. L’épiderme et toutes les maladies de peau sont considérés aujourd’hui par plusieurs professionnels de la santé mentale comme des maladies de l’âme. « D’ailleurs, lors du développement de l’embryon, la peau se forme au même moment que le cerveau et les cellules nerveuses1. » La peau est le lieu du contact physique et de la rencontre avec le monde. Elle est un moyen de communication avec autrui. Elle constitue aussi une limite entre l’intériorité et l’extériorité.

« Le secret est dans l’action de défaire les différentes parties de l’ensemble; dans les fixités résident la mort et le déni de l’évolution2. » Malheureusement, une course effrénée existe pour obtenir la plus belle apparence physique, la plus belle maison, la plus belle voiture. C’est une béquille pour simplement tenir debout dans un monde où les mirages et les façades sociales sont présentés comme des remèdes contre les maux courants. Toutes les misères que sont la performance, l’ennui, l’isolement, l’épuisement et le désespoir sont cachées alors qu’elles traduisent l’attente de se montrer vrai. Une méthode existe, qui permet de dénouer les blocages: la méthode Alexander3. Elle offre la possibilité de parler du corps, de vivre dans son corps, de découvrir l’écoute des sens et de la conscience de sa globalité. Elle incite à être et à vivre dans une vraie présence à soi-même et elle est une aide importante pour mieux se connaître et évoluer vers une libération. C’est un enseignement basé sur des mouvements lents et précis grâce auxquels on peut retrouver l’équilibre et l’harmonie du corps. Le travail est fondé sur une relation dynamique entre la tête et la colonne vertébrale, sur le fonctionnement de la musculature profonde, appelée musculature de l’être.

Par ailleurs, une autre approche psychocorporelle est celle de Marie Lise Labonté, soit la MLC – Méthode de libération des cuirasses4. C’est une autre façon d’aborder le corps et l’esprit, d’entrer dans la profondeur du corps et de libérer les fausses identités (cuirasses). À l’aide de mouvements doux et lents, vous apprenez à percevoir les différentes parties de votre corps. Des outils comme des balles en mousse et de tennis permettent de libérer la musculature de ses tensions. Les balles dures aident à masser sous l’action du mouvement. Puis, lorsque la première couche musculaire se libère, la balle pénètre les deux autres couches. Quant aux balles molles, elles massent l’enveloppe qui recouvre le muscle, soit le fascia5. La MLC apporte une libération des enfermements émotionnels ainsi qu’une meilleure connaissance du monde émotionnel relié aux tensions physiques.

Une autre façon de travailler le corps et l’esprit est le qi gong, une gymnastique traditionnelle chinoise et une science de la respiration fondées sur la connaissance et la maîtrise de l’énergie vitale, et associant mouvements lents, exercices respiratoires et concentration. Ces exercices sont pratiqués en Chine depuis des millénaires pour leurs bienfaits tant sur le plan de la santé physique que mentale. Il s’agit de postures et de mouvements lents, fluides et circulaires qui s’accordent à notre physiologie et à notre anatomie tant physique qu’énergétique, d’une respiration lente, profonde et consciente.

Lorsqu’on souffre, il importe de se choisir, d’accepter de vivre dans son corps malade et de cesser de lutter contre lui. Se réapproprier sa corporéité pour se retrouver et reprendre sa place signifie accepter de rencontrer la souffrance, de l’écouter sans porter de jugement.

1) Page 60 du livre Habiter son corps, de Christine Hardy, Laurence Schifrine et Saverio Tomasella.

2) Citation tirée du livre The Philosopher’s Stone: Diaries of Lessons with F. Matthias Alexander, de Jean Fischer, 1998.

3) La méthode conçue par Frederick Matthias Alexander n’est pas une thérapie, mais un mode d’éducation somatique que l’on peut également appeler rééducation posturale ou rééducation psychomotrice. La technique a pour but de désapprendre certaines habitudes bien ancrées.

4) Cette approche globale du corps par le mouvement d’éveil corporel est une approche psychocorporelle et énergétique qui s’inspire du processus d’autoguérison de Marie Lise Labonté et de plusieurs années de recherche et d’expérimentation en médecine psychosomatique et énergétique (http://www.marieliselabonte.com).

5) Un fascia est une membrane fibroélastique qui recouvre ou enveloppe une structure anatomique. Les fascias sont reliés entre eux et forment un réseau complexe reliant le sommet du crâne au bout des orteils, de la superficie à la profondeur (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fascia).